lundi 28 mars 2016






Strophes des lieux où s'asseoir
 
 
 
 
 
 
                  "L'homme au turban"                                     Van Eyck                 1433                   
 
 
 
strophe1
 Je suis assis au bord des sables
chantant la mort et les baisers
à l'heure où le ciel embrasé
m'offre portrait reconnaissable
de l'avenir couleur de fable
  
strophe6
Je me suis assis au bord des cris
au bord des guerres et des drames
j'ai joué j'ai perdu mon âme
j'ai maintenant le cheveux gris
ce que j'aimais on me l'a pris
 
 
 
 
 Aragon
"Le fou d'Elsa"
(extrait)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 9 mars 2016






Corail








Max  Gasparini



 


Il s'alarme à l'idée que le regard appris,
il ne reste des yeux que l'herbe du mensonge.
Il est si méfiant que son auvent se gâte
à n'attendre que lui seul.
Nul n'empêche jamais la lumière exilée
de trouver son élu dans l'inconnu surpris.
Elle franchit d'un bond l'espace et le jaloux,
et c'est un astre entier de plus.



René Char
"Les matinaux" 









dimanche 28 février 2016







Et voici un an que ma mère
a quitté  ce monde.
Un an que je lui dédie ces bribes de poèmes
et ces bribes de peintures.
Célèbres ou inconnus peu importe.
 Merci à tous ceux qui transfigurent 
la souffrance en art 
au lieu de faire souffrir.   
Ma mère disait que seul l'art 
fait pardonner à l'homme d'exister.
Je ne pense pas autrement.






étude                                                              Irvin Rodriguez






C'était un temps de nuit et de nécessité
de saisons mal famées et de robes fanées
chacun savait le nom des chaînes
nul ne livrait son nom
et la mort des semaines lentement s'égrenait
dans les maisons des fous





Tristan Cabral 
"1984" 













vendredi 26 février 2016







Ô ma jeunesse
 
 
 
 
Portrait d'Emile Zola                                   Edouard Manet
 
 
 
 
 
Ô ma jeunesse abandonnée
comme une guirlande fanée
voici que s'en vient la saison
et des dédains et du soupçon
 
Le paysage est fait de toiles
il coule un faux fleuve de sang
et sous l'arbre fleuri d'étoiles
un clown est l'unique passant
 
 
 
Guillaume Apollinaire
"Alcools"
(extrait)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

jeudi 25 février 2016








Pour en finir



 
"automne"                                                                       shg





Je suis né d'une erreur du vent et de la mer
c'est pourquoi j'ai vécu au rythme des marées
poisson-lune égaré sur un chemin de terre
je n'ai fait que passer sans pouvoir respirer.






Tristan Cabral
"Le passeur de silence"
(extrait)








mercredi 24 février 2016







Au pas des arbres


 
Léo-Vinh   Beauvois




Suis-je seul à entendre
les cris stridents de la lumière
qui me réveillent le matin
pour me faire voir
les mâchoires d'un monde affamé
s'ouvrir d'un horizon à l'autre.




Frank Holden
"Au pas des arbres"
(extrait)







mardi 23 février 2016





 
Une autre explication du mystère
 
 
 
 
Van Dogen
 
 
 
 
Je ne peux plus rien voir,
au fond du ciel,
qu'un énorme chien blanc 
qui mord la lune.
Et le chien n'est pas un nuage.
S'il n'appartient à personne, il s'en ira.
Et nous pourrons revoir le jour.
Mais si le chien appartient à cet homme
qui s'accoude sur la montagne
pour nous regarder et se moquer de nous?
Les bruits mystérieux s'arrêtent 
et la nuit devient dure.
Nous sommes sur le point 
de faire un tour de plus.
 
 
 
Pierre Reverdy
"Main d'œuvre"
(extrait)